Côte d’Ivoire – Mali : Hawa Gassama libéré par grâce présidentielle, un geste d’apaisement ?
La nouvelle est tombée ce mardi 10 février 2026 : Hawa Gassama, député malien condamné en Côte d’Ivoire pour offense au président Alassane Ouattara, a été remis en liberté. En effet, il a bénéficié d’une grâce présidentielle accordée par décret du Chef de l’État ivoirien.
Cette décision intervient dans un contexte diplomatique délicat entre Abidjan et Bamako, ce qui lui confère une portée particulière. Dès lors, certains y voient une possible main tendue de la Côte d’Ivoire vers le Mali.
Dans un communiqué publié le même jour, Me Mamadou Ismaila Konaté a officialisé la libération de son client. L’avocat précise que la défense s’apprêtait à interjeter appel de la condamnation lorsque « est intervenue ce jour une mesure de grâce présidentielle, prise par décret du Chef de l’État de Côte d’Ivoire ». Par conséquent, la détention de M. Gassama a pris fin immédiatement, après sept mois d’emprisonnement.
Pour rappel, Hawa Gassama avait été condamné à trois ans de prison, assortis d’une interdiction de séjour de même durée, d’une amende de cinq millions de francs CFA et de la publication de la décision dans un journal d’annonces légales. Il avait été reconnu coupable d’« offense » et de « propos outrageants sur Internet » à l’encontre du président ivoirien, à la suite de la diffusion d’une vidéo tournée lors d’un déplacement en Côte d’Ivoire. Toutefois, au cours de la procédure, il avait adressé une lettre d’excuses au Chef de l’État.
Depuis l’annonce de sa libération, de nombreuses réactions saluent la décision présidentielle. Ainsi, des internautes ivoiriens et maliens évoquent un acte d’humilité et d’humanisme. De son côté, Me Konaté s’est félicité d’« une mesure de clémence qui ouvre pour M. Gassama une nouvelle ère », soulignant son attachement aux valeurs de justice, de liberté et de fraternité entre les peuples.
Par ailleurs, cette affaire rappelle le précédent des 49 soldats ivoiriens arrêtés à Bamako le 10 juillet 2022. Accusés par les autorités maliennes d’être des « mercenaires », ils avaient été condamnés à 20 ans de prison, tandis qu’Abidjan soutenait qu’ils étaient déployés dans le cadre d’une mission logistique de la Minusma.
Finalement, le 6 janvier 2023, le président malien, le colonel Assimi Goïta, leur avait accordé une grâce présidentielle.
Ainsi, la libération de Hawa Gassama pourrait s’inscrire dans une dynamique similaire de décrispation diplomatique entre les deux États. Reste à savoir si ce geste marquera le début d’un réchauffement durable des relations ivoiro-maliennes.
Pascal Lossou
