Lomé : Acteurs religieux et société civile s’unissent pour un leadership éthique et transparent en Afrique
Du 8 au 10 juillet 2026, la capitale togolaise a accueilli un grand rassemblement citoyen et confessionnel. Organisé par la Conférence des Églises de Toute d’Afrique (CETA/AACC) et Globethics, cet événement national de plaidoyer a couronné trois jours d’intenses formations. À l’issue des travaux, les participants ont lancé un appel solennel pour ancrer durablement la transparence, la redevabilité et la gestion responsable des ressources au cœur des institutions africaines.
Financée sur deux ans par l’organisation Bread for the World, ce projet transcontinental « Ethical Leadership for an Inclusive Future » (ELIF — Leadership éthique pour un avenir inclusif en Afrique subsaharienne) franchit une étape cruciale.
L’initiative cible six pays clés du continent : trois francophones (le Togo, le Cameroun et la République Démocratique du Congo) et trois anglophones (le Ghana, le Nigeria et la Belgique/Zambie).
Pour l’exécution de ce programme intensif, ils étaient dix organisations locales (regroupant des leaders d’églises et des responsables d’organisations de la société civile) rigoureusement sélectionnées par appel à candidatures pour participer. L’objectif principal est de doter ces leaders des compétences indispensables pour éradiquer la corruption, optimiser la redevabilité et promouvoir une inclusion sociale effective.
Sept sessions clés et une boîte à outils pour la transformation.
Pendant les deux premiers jours, les participants ont été immergés dans un parcours pédagogique dense structuré par des formateurs experts. Comlan Prosper DEH, l’un des trois maîtres-formateurs ayant encadré la session, détaille le contenu des travaux .
« Au cours des deux jours, nous avons développé sept sessions qui sont relatives aux fondements de l’éthique, à la mise en œuvre du leadership éthique, à la transparence, l’intégrité et la redevabilité, à l’édification de la paix, à la résolution des conflits et au leadership transformationnel. Nous avons couronné cela avec ce qu’on appelle « la boîte à outils », un ensemble de méthodes disponibles pour une meilleure gestion des organisations chrétiennes ou laïques » nous a-t-il confié.
Cette approche a suscité une prise de conscience profonde.

Pour Maxwell Evenunye Kumessi, représentant de l’ONG CADR et participant, le constat initial est sans appel . « Au cours de ces trois jours d’atelier, nous nous sommes rendus compte que nos valeurs et nos vertus sont vraiment menacées. L’atelier nous a fait savoir que nous devrons vraiment œuvrer pour la promotion de ces valeurs : la solidarité, l’honnêteté, l’intégrité et la transparence dans la gestion de nos affaires, qu’elles soient publiques ou communautaires ».
Le rôle crucial des leaders religieux sur le terrain
La force du projet ELIF réside dans sa capacité à lier les principes de gestion moderne aux réalités spirituelles et pastorales, les leaders religieux étant souvent en première ligne auprès des populations.
La Révérende Lucie Koko Lawson Gaizer Mesnah, pasteure de l’Église Méthodiste du Togo (paroisse Salem de Hanoukopé), témoigne de cette double responsabilité de citoyenne et de guide : « Un pasteur, c’est un leader. Nous avons appris sur le leadership éthique, qui est axé sur l’intégrité, le respect et la dignité. À partir de cette formation, je vais essayer de travailler en étroite collaboration avec mes conseillers, en ayant de gros yeux pour observer tout ce qui se fait et une petite bouche pour orienter, tout en développant ce type de leadership dans ma communauté ».
Le point d’orgue du 10 juillet : Un plaidoyer et des engagements fermes
La troisième et dernière journée, ce vendredi 10 juillet 2026, a marqué le point d’orgue de l’événement avec des panels de haut niveau enrichis par la présence d’institutions majeures telles que la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), le CACIT, divers acteurs de la société civile et des professionnels des médias. Ces échanges ont mis en lumière la nécessité absolue de bâtir des passerelles et des coalitions solides entre l’État, les confessions religieuses et le secteur public pour faire reculer la corruption.
La rencontre s’est soldée par la signature et la lecture publique d’une Déclaration de Plaidoyer Solennelle. Loin d’être une simple liste d’intentions, ce document engage directement les signataires à présenter, dans un délai strict de quatre (4) mois, des plans d’action concrets et mesurables au sein de leurs institutions respectives. Les participants ont également profité de cette tribune pour interpeller les gouvernements nationaux et les institutions internationales afin qu’ils soutiennent davantage ces initiatives d’éducation éthique, tout en exhortant le consortium ELIF (AACC, Globethics, Bread for the World) à maintenir un accompagnement technique et financier durable dans cette phase post-formation qui s’ouvre désormais.
Aimé A.
