Littérature: Perdre le corps de Théo Ananissoh, un roman consacré au Togo !
Le statut de l’écrivain francophone est assez paradoxal. Parce qu’il est toujours contraint, de gré ou de force, à l’exil quand il entreprend tout projet d’écriture. Quelle langue, pour quelle littérature ? De force, lorsque pour écrire, s’exprimer, représenter son imaginaire, extérioriser ses pensées et idées, il fait recours à une autre langue qui n’est pas la sienne. Il recourt au français, langue du maître, du colon. Cela constitue déjà une première forme d’exil : l’exil linguistique. De gré, quand l’écrivain pour des raisons diverses décide d’aller vivre dans un autre pays que chez lui, se fait éditer là, fait foyer là, devient membre d’une société dans laquelle il n’est pas accepté, confronte sa culture à celle d’autrui. C’est la deuxième forme d’exil. C’est une déterritorialisation. C’est dans le second cas que l’impact est flagrant. Puisque l’exil a un caractère ambivalent : il est à la fois destructeur et améliorateur de talent. Ça, tout le monde le sait, je crois. L’écrivain en situation d’exil conçoit son art d’écrire autrement. L’écriture devient donc pour lui prétexte par le truchement duquel il essaie de vivre, depuis sa position géographique, son pays. De combler le vide qu’a créé en lui la nostalgie. De panser la plaie de l’absence de ses pairs. D’écrire son pays, de le fonder. De le créer et le ré-créer. D’apporter sa pierre à l’édifice de sa nation hors de laquelle il vit, désormais. Vivre ailleurs que chez-soi n’est pas chose aisée. Ce sont des réflexions qui taraudent l’esprit du lecteur quand il lit le roman intitulé Perdre le corps de l’écrivain togolais vivant en Allemagne Ananissoh Théo publié chez Gallimard en 2020.
Presque tout le roman est consacré à son pays : le Togo. Il parle du Togo. Des Togolais de la diaspora et du terroir. Il décrit le paysage, du sud au nord. Il décrit les villes : Lomé, Aného, Atakpamé, Sokodé, Kara ; Dapaong etc. Il apprécie les richesses de son pays. Il porte un regard critique sur les hommes et les villes de chez lui. Il représente sous sa plume, plus ou moins fidèlement, son pays. Parce que nous savons tous que l’écriture déforme, exagère ou dévalue les choses, les faits et les hommes.

A la lecture de ce roman, ce qui est frappant chez cet écrivain est sa capacité de décrire les personnages et les lieux dans lesquels ils agissent, de rendre compte des faits. Il est doué là-dedans. Il fait de « l’Ekphrasis », c’est-à-dire fait une description précise et détaillée, il explique presqu’au bout les choses et les faits. Toute l’écriture, chez Théo, est description. C’est ce qui lui permet d’ailleurs de toucher le lecteur. De réussir à lui livrer ses émotions et ses sentiments. Dans Perdre le corps, l’écrivain enjolive le Togo, l’encense par moment sans pour autant manquer de relever ses défauts, quand il le faut. Il fait connaître son pays aux lecteurs étrangers et à certains citoyens qui ne connaissent que la capitale. Il le valorise. Il le vit par l’entremise de sa plume. C’est un roman togolais, si je peux oser dire. Un roman touristique qui incite au tourisme dans son propre pays. C’est aussi là l’une des fonctions essentielles de la littérature : faire découvrir.
En effet, dans le roman, il s’agit des personnages principaux : Jean Adodo, Maxwell Sitti, Minna et Gbon-Ma-Gbon. Jean Adodo, âgé de cinquante six ans vivant en Suisse rentre chez lui à Lomé. Il entretient une relation avec la jeune Minna, belle et ravissante, employée dans un pressing à Lomé. Amour impossible ! Parce que Jean a perdu son corps, c’est-à-dire, devenu impuissant suite à un dysfonctionnement physiologique. Il ne l’avoue pas à Minna. Pour éviter de la retenir inutilement, il propose à Maxwell Sitti, jeune de vingt-huit ans , agent immobilier à Lomé, de courtiser Minna, de l’aimer à sa place et de lui faire deux fois par mois le compte rendu de ce qu’il se passe et ne se passe pas entre eux, contre une forte récompense. Premièrement, il lui propose sa maison. Max décline l’offre qu’il juge exagérée. Secundo, il sera réénuméré mensuellement pour sa mission. Max accepte la seconde offre. Il drague la belle Minna. Tombe éperdument amoureux d’elle. Tout allait bon train. Mais, la relation sera perturbée entre temps par Gbon-Ma-Gbon, riche commercant de Lomé, qui propose à Max de lui laisser Minna contre une grosse somme d’argent. Max sitti refuse. Plus loin, Jean Adodo propose à Max de faire le tour du Togo en voiture afin d’en découvrir les richesses. Ils visitent les villes du Togo, les savanes, des sites touristiques…
L’écrivain aborde dans son roman moult thématiques au rang desquelles : l’amour, le corps, la situation des citoyens de la diaspora…
Perdre le corps, c’est lire et visiter le Togo sans se perdre !
FAMBI Kokou Isaac, Ecrivain

C’est très intéressant.si je voulais le roman comment pourrais-je l’avoir
Bonsoir Adèle, le mieux est d’aller à « Bon Pasteur », Librairie Stars, Graines de pensée ou Awoudy à Adidogomé. sûrement tu le trouveras à l’un des ces endroits précités. Merci pour la confiance à vitrinenews.info