mars 27, 2026

Récépissé No 0054/HAAC/07-2022/pl/P

Niger – France : montée des tensions et rhétorique guerrière à Niamey

Alors que les relations diplomatiques entre le Niger et la France restent rompues depuis le coup d’État de 2023, un haut responsable militaire nigérien a appelé à se préparer à une « guerre » contre Paris. Des déclarations qui accentuent un climat déjà très tendu, sur fond de crise politique et de différends économiques.
Les tensions diplomatiques entre le Niger et la France franchissent un nouveau cap. Depuis le putsch de juillet 2023, les relations entre Niger et Paris sont profondément dégradées. Désormais, certains discours officiels prennent une tournure ouvertement belliqueuse.

En effet, lors d’un meeting organisé à Niamey devant des jeunes, le général Amadou Ibro, chef d’état-major particulier du général Abdourahamane Tiani, a affirmé que la France « allait faire la guerre au Niger ». Selon lui, une mobilisation nationale aurait été décrétée afin de préparer le pays à cette éventualité. Ses propos, accompagnés de slogans hostiles à la France, ont été largement relayés sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, le général Tiani accuse régulièrement Paris de chercher à déstabiliser son régime. Il a notamment désigné le président français Emmanuel Macron comme « sponsor » de groupes djihadistes ayant attaqué récemment l’aéroport international de Niamey.
Cependant, les autorités françaises rejettent fermement ces accusations. Le porte-parole de l’état-major des armées françaises a démenti toute intention d’intervention militaire, qualifiant ces déclarations de « guerre informationnelle ». Pour rappel, les forces françaises engagées dans la lutte antidjihadiste ont quitté le Niger fin 2023, après plusieurs mois de tensions diplomatiques.

En outre, la crise entre les deux pays s’étend au domaine économique. La junte nigérienne revendique une politique de souveraineté sur les ressources naturelles, en particulier l’uranium. À ce titre, elle a nationalisé la Somaïr, filiale du groupe français Orano. En réponse, Orano a engagé des procédures judiciaires.
Il convient de préciser qu’avant le putsch, moins de 20 % de l’uranium utilisé par la France provenait du Niger. Néanmoins, Niamey a annoncé son intention de commercialiser directement son uranium sur le marché international à partir de fin 2025, tout en envisageant des poursuites contre Orano pour un supposé préjudice écologique.

En somme, malgré l’absence d’annonce officielle d’une intervention militaire, les déclarations des autorités nigériennes témoignent d’une détérioration persistante des relations franco-nigériennes, dans un contexte régional déjà fragile.

Edmond Kondo

Copyright © All rights reserved. | VITRINENEWS.INFO. Tous droits réservés