Monnaie unique de la CEDEAO : l’Eco toujours entre ambition et incertitudes
À moins de dix-huit mois de l’échéance annoncée, la CEDEAO réaffirme son objectif de lancer la monnaie unique Eco en 2027. Toutefois, les décisions issues du sommet du 19 juillet en Sierra Leone traduisent davantage une volonté politique qu’une réelle avancée opérationnelle.
En effet, les chefs d’État ont retenu un lancement progressif, limité aux pays qui respecteront les critères de convergence macroéconomique. Si cette approche se veut pragmatique, elle met surtout en évidence les profondes disparités économiques au sein de la région. À ce jour, aucun État n’a été officiellement désigné pour intégrer la première phase, alors que plusieurs pays continuent de faire face à une inflation élevée, des déficits budgétaires importants, un endettement croissant et une forte instabilité monétaire.
Par ailleurs, les incertitudes demeurent sur le plan institutionnel. La gouvernance de la future Banque centrale commune, son siège ainsi que la répartition des responsabilités entre ses dirigeants n’ont toujours pas été arrêtés. De plus, plusieurs dossiers techniques restent en suspens malgré l’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’OAPI.
Enfin, la Task Force présidentielle chargée du projet, désormais recomposée avec l’intégration de la Guinée, devra accélérer ses travaux avant le sommet de décembre 2026. Or, au regard des nombreux défis économiques et institutionnels encore non résolus, le calendrier de 2027 apparaît de plus en plus difficile à tenir.
Ainsi, malgré les annonces répétées de la CEDEAO, le projet de monnaie unique continue de susciter des interrogations. Sans convergence économique durable ni consensus institutionnel, l’Eco risque une nouvelle fois de voir son lancement reporté.
Edmond Kondo
