août 19, 2026

Récépissé No 0054/HAAC/07-2022/pl/P

Togo/ Alerte inondations : Le pari de l’action précoce de la croix- rouge pour sauver des vies


​Anticiper plutôt que subir. La Croix-Rouge Togolaise et ses partenaires universitaires ont réuni, le18,19,20 Août 2026, les acteurs clés à Tsévié pour orchestrer une réponse novatrice face aux inondations. Un déclenchement d’actions préventives couplé à des transferts monétaires directs aux ménages vulnérables avant que l’eau ne monte.

Face à l’ampleur croissante des crises climatiques, le projet REBUMAA (renforcement de la résilience par l’engagement de multiples parties prenantes dans l’action anticipée pour les catastrophes induites par le climat) — porté par la Croix-Rouge Togolaise, la FICR, l’Université de Hambourg et l’Université de Lomé (WASCAL) dans le cadre du programme CLARE (Climat Adaptation and Résilience) — entend changer de paradigme. Grâce au Protocole d’Action Précoce (PAP) déployé au Togo, au Bénin et au Nigéria, il ne s’agit plus seulement d’assister les victimes après le drame, mais d’agir en amont.

 » les catastrophes liées au climat, particulièrement les inondations, constituent aujourd’hui un défi majeur pour nos populations. Elles affectent les moyens d’existence, fragilisent les communautés vulnérables et exigent de notre part un changement d’approche dans la gestion des services humains. Pendant longtemps, nos interventions ont été sincèrement orientées vers la réponse. Avec l’approche des actes, l’action anticipative, il nous est désormais possible d’agir avant que l’impact ne devienne plus grave en utilisant les informations disponibles, les prévisions climatiques et des mécanismes préétablis », explique, le président national de la Croix-Rouge togolaise, Kossi Edjam.

Un cash-transfert ciblé pour renforcer la résilience
​L’atelier de Tsévié marque une étape décisive : la préparation de la simulation de distribution du CASH transfert. Cet appui financier direct vise à donner aux 5000 ménages les plus exposés les moyens d’assurer leur sécurité (mise en abri, achats de vivres, protection des biens) avant la montée des eaux.
​ « Nous avons déjà identifié 5000 ménages vulnérables à qui nous allons donner un appui financier pour que chacun, selon son plan, puisse se préparer et une fois que les inondations se seraient passées, nous retournerons voir ce que chacun avait fait et comment il s’est débrouillé et mesurer l’ampleur du dégât qu’ils ont subi en termes de biens détruits, en termes de vies sauvées et autres », souligne issaka Maiga-Oumarou, coordonnateur national du projet REBUMAA pour la Croix-Rouge.

Une approche scientifique et participative
​Les échanges ont également permis de partager les résultats de l’étude sur la gouvernance proactive des inondations issue de l’atelier de Kpalimé, d’ajuster le pré positionnement du matériel et d’arrêter une feuille de route claire jusqu’à l’échéance du projet. L’Université de Lomé, à travers le centre WASCAL, est également en première ligne pour apporter l’expertise scientifique nécessaire à la modélisation des risques.
​ « Dans le cadre de ce projet, nous sommes en train de contribuer à régler le problème de gestion de ces inondations. Nous sommes dans l’anticipation et en parlant d’anticipation, il faut quand même arriver à collecter les données qui sont les bonnes pratiques qui se font déjà sur le terrain et maintenant voir et proposer les pratiques qui doivent être menées pour que les communautés ne soient pas toujours victimes de ces aléas-là avant que les solutions soient apportées.

L’université, à travers WASCAL, est en train de jouer son rôle régalien qui consiste à trouver des solutions », conclut Prof Komi Begedou, coordonnateur du projet REBUMAA, WASCAL, université de Lomé.
Le programme concentre ses efforts sur trois zones particulièrement vulnérables du pays à savoir la Région Maritime (notamment les localités de Vo, Yoto et Zio), la Région des Plateaux (Est-Mono et Ogou) et la Région de la Kara (Kéran et Dankpen). Au total, l’initiative vise à protéger directement 30 000 personnes, tandis que 75 000 bénéficiaires indirects tireront profit des campagnes de sensibilisation et des infrastructures renforcées.

Notons que sur le terrain, la stratégie repose sur une implication massive des populations locales. Et en coordonnant chercheurs, humanitaires et autorités locales autour d’un même protocole, le Togo confirme sa volonté de faire de la gestion proactive des risques un modèle durable de protection civile.

Sedem Djodji

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