octobre 12, 2026

Récépissé No 0054/HAAC/07-2022/pl/P

Togo : Abass Issaka prend les rênes de l’OTM et mise sur l’éthique journalistique

L’Observatoire togolais des médias (OTM) a renouvelé ses instances dirigeantes le vendredi 9 octobre. Abass Issaka, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Magnan libéré, succède à Fabrice Pétchézi à la présidence de l’organe d’autorégulation des médias pour un mandat de trois ans. Son ambition : renforcer l’éthique, défendre la liberté de la presse et promouvoir une pratique journalistique plus responsable au Togo.

L’Observatoire togolais des médias ouvre une nouvelle page de son histoire. À l’issue du renouvellement de ses instances dirigeantes, organisé conformément à ses textes statutaires, Abass Issaka a été élu président de l’institution, succédant ainsi à Fabrice Pétchézi, qui quitte ses fonctions après deux mandats.Journaliste depuis 1998 et directeur de publication de l’hebdomadaire Le Magnan libéré depuis 2006, le nouveau président entend inscrire son mandat dans une dynamique de consolidation de l’autorégulation et de promotion des bonnes pratiques professionnelles au sein des médias togolais.Dès sa première prise de parole, Abass Issaka a tenu à rappeler la vocation de l’institution. « L’OTM n’est pas un syndicat. L’OTM n’est pas un patronat.

L’OTM est la conscience de notre profession », a-t-il déclaré, tout en rendant hommage à l’équipe sortante pour le travail accompli à la tête de l’Observatoire.Liberté de la presse : des acquis à préserverPour le nouveau président, la presse privée togolaise bénéficie d’un espace de liberté important, marqué par la présence de plus d’une centaine de journaux, de nombreux sites d’information et de plusieurs stations de radio. Toutefois, cette liberté reste confrontée à des défis qui fragilisent la crédibilité des médias et la qualité de l’information.

Parmi les principales menaces évoquées figurent la précarité économique des entreprises de presse, les pressions exercées sur les journalistes, les discours de haine, la désinformation et les usages peu éthiques de l’intelligence artificielle. À ces difficultés s’ajoutent la course au scoop sans vérification suffisante, la diffamation et la recherche du buzz au détriment des exigences professionnelles.Face à ces dérives, Abass Issaka estime que l’autorégulation constitue une nécessité pour préserver l’indépendance et la crédibilité des médias.« Si nous ne nous régulons pas nous-mêmes, d’autres le feront à notre place, et avec moins de douceur », a-t-il averti.Observer, alerter et former : les trois axes du mandatPour concrétiser sa vision, le nouveau président entend articuler son action autour de trois priorités : observer, alerter et former.Le premier axe consistera à renforcer l’observation des pratiques journalistiques.

L’OTM prévoit notamment de publier chaque trimestre un baromètre de l’éthique afin d’évaluer les pratiques professionnelles, de mettre en lumière les avancées et de signaler les manquements constatés.« Nous serons le thermomètre, pas le gendarme », a précisé Abass Issaka, soulignant ainsi sa volonté de privilégier une approche fondée sur l’évaluation, la sensibilisation et la responsabilisation des acteurs des médias.Le deuxième axe portera sur l’alerte et la défense des principes déontologiques. L’Observatoire entend prendre position lorsque des journalistes sont menacés, tout en dénonçant les comportements professionnels contraires à l’éthique. Il prévoit également de défendre la liberté de la presse devant la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) et les juridictions compétentes, sans perdre de vue la nécessité de protéger les citoyens contre les abus médiatiques. Enfin, la formation occupera une place centrale dans le programme du nouveau bureau. Convaincu que de nombreux manquements résultent davantage d’un déficit de connaissances que d’une volonté délibérée de nuire, Abass Issaka ambitionne d’organiser des cliniques d’éthique dans les cinq régions du Togo.

Ces sessions permettront notamment de renforcer les compétences des journalistes en matière de couverture électorale, de traitement des conflits et de vérification des informations, y compris celles produites à l’aide de l’intelligence artificielle.Un OTM plus proche des citoyensAu-delà de la professionnalisation des journalistes, Abass Issaka souhaite faire de l’OTM une institution davantage accessible au public. Son ambition est de voir l’Observatoire perçu non comme un tribunal répressif, mais comme une instance de recours et de conseil, à laquelle les citoyens peuvent s’adresser lorsqu’ils estiment avoir été victimes de diffamation ou d’autres dérives médiatiques.Le nouveau président a également annoncé son intention de renforcer le Comité de protection des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme, mis en place par le consortium réunissant l’OTM, l’Institut Panos et FAMEDEV.Cette orientation traduit la volonté de concilier la défense de la liberté de la presse avec la protection des droits des citoyens et le respect des règles déontologiques.

Vignon Louyah élu vice-présidentLe renouvellement des instances dirigeantes a également consacré l’élection de Vignon Louyah au poste de vice-président. Le bureau, composé d’une dizaine de membres, aura la responsabilité de mettre en œuvre les orientations annoncées pour les trois prochaines années.Avec cette nouvelle équipe, l’Observatoire togolais des médias entend consolider son rôle dans la régulation professionnelle du secteur, à un moment où les transformations numériques, les exigences de vérification et les enjeux de crédibilité imposent aux journalistes une vigilance accrue.Le défi du mandat d’Abass Issaka sera donc de traduire les engagements annoncés en actions concrètes, afin de faire de l’éthique journalistique un pilier durable de la liberté de la presse au Togo.

La rédaction

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