février 3, 2026

Récépissé No 0054/HAAC/07-2022/pl/P

Togo – Médias : Pour des revendications « légitimes », Pyramide fm met 5 journalistes à la porte

Cinq journalistes titulaires de Radio Pyramide FM, l’une des stations privées les plus écoutées de Lomé, ont été licenciés avec effet immédiat pour « faute grave » par la direction du Groupe Média Pyramide. Les faits se sont déroulés au début du mois de janvier 2026 et suscitent une vive controverse dans le milieu de la presse togolaise.

Les journalistes concernés sont Richard Aziague, David Cudjoe Amekudzi, David Assimadi, Marius Attor et Jean-Jacques Snoby Attikpo. Ils contestent unanimement les motifs avancés par leur employeur et affirment avoir été sanctionnés pour un mouvement de grève qui, selon eux, n’a jamais été exécuté.

Un différend né des conditions de travail

L’origine du conflit remonte au 15 décembre 2025, date à laquelle les journalistes ont adressé un courrier à la direction pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Dans cette correspondance, ils évoquent notamment la suppression des crédits de communication, l’insuffisance ou la défectuosité du matériel professionnel, ainsi que des difficultés techniques récurrentes affectant la production des émissions et des journaux.

À ces contraintes professionnelles s’ajoutent des manquements sociaux majeurs, selon les journalistes : absence de déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), défaut d’assurance maladie, non-respect des droits aux congés, malgré leur statut de travailleurs permanents.

Préavis de grève suspendu, dialogue privilégié.

Face à l’absence de réaction de la direction, un préavis de grève a été déposé. Toutefois, les journalistes indiquent avoir suspendu la procédure après l’intervention d’un intermédiaire et dans l’attente d’un dialogue avec la direction. Ils affirment qu’aucun arrêt de travail effectif n’a été observé.

Une rencontre a ensuite eu lieu avec le PDG du Groupe Média Pyramide, Germain Wona, par ailleurs député UNIR. Selon les journalistes, les échanges n’auraient pas porté sur le fond des revendications, mais essentiellement sur la forme des courriers adressés à l’employeur.

Le 7 janvier 2026, les journalistes ont transmis une lettre de remerciement à la direction à l’issue de cette rencontre. Le lendemain, ils ont reçu une notification de licenciement immédiat.
Des motifs contestés
Dans les lettres de licenciement, la direction reproche aux journalistes une action revendicative irrégulière, une violation des dispositions de l’article 324 du Code du travail togolais relatives au droit de grève, un manquement à l’obligation de loyauté, ainsi que des insuffisances professionnelles répétées.
Des accusations que les intéressés rejettent en bloc, estimant qu’il est contradictoire de leur reprocher l’exécution d’un mouvement de grève qu’ils affirment avoir suspendu avant toute mise en œuvre.

Vers des recours administratifs et judiciaires

Les journalistes licenciés annoncent envisager des recours auprès de l’inspection du travail, voire des juridictions compétentes, afin de contester la légalité de la décision.
Au-delà du cas individuel des cinq professionnels, cette affaire relance le débat sur le respect des droits sociaux dans les médias privés togolais, la gestion des conflits sociaux dans le secteur de la presse et les limites de l’exercice du droit de revendication dans les entreprises de communication.

Pendant que Radio Pyramide FM poursuit ses programmes, cinq journalistes, eux, se retrouvent brutalement privés de micro et de revenus, dans un contexte professionnel déjà marqué par la précarité.

Edmond Kondo

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