mai 2, 2026

Récépissé No 0054/HAAC/07-2022/pl/P

Électrification au Togo : entre progrès annoncés et réalités du terrain

Le gouvernement togolais affirme avoir réalisé des progrès significatifs en matière d’électrification. Selon le ministère en charge de l’énergie, le taux national d’accès à l’électricité a atteint 75 % à fin décembre 2025, contre 70 % en 2024. Cette hausse de cinq points est présentée comme le résultat des efforts engagés pour étendre le réseau sur l’ensemble du territoire.

En effet, plusieurs projets sont mis en avant pour justifier cette progression. Parmi eux figurent la centrale solaire de Blitta, les projets photovoltaïques en cours, le programme CIZO ainsi que le Fonds Tinga, soutenus notamment par la Banque mondiale et la Banque ouest-africaine de développement.

Cependant, sur le terrain, la réalité semble plus contrastée. Dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment à Agoè-Alinka, Togblékopé, Fidokpui, Dikamé, Sivedomé, Sanguéra ou encore Akato, de nombreux ménages restent alimentés par des « réseaux araignée », c’est-à-dire des branchements électriques anarchiques.

Ce phénomène traduit un accès encore insuffisant et inégal à l’électricité.
Face à cette situation, le gouvernement a décidé de renforcer la réglementation. Désormais, toute mise sous tension devra faire l’objet d’un contrôle technique préalable. De plus, seuls des installateurs professionnels et des organismes agréés sont autorisés à intervenir sur le réseau. Toute manipulation en dehors de ce cadre devient illégale et expose les contrevenants à des sanctions financières, voire pénales.

Les autorités justifient cette mesure par des raisons de sécurité. En effet, les installations sauvages augmentent les risques d’incendie, d’électrocution et de pannes généralisées. Par ailleurs, ces raccordements irréguliers entraînent d’importantes pertes financières pour la Compagnie Énergie Électrique du Togo et freinent les investissements nécessaires à la modernisation du secteur.

Toutefois, cette réforme reste insuffisante si elle ne s’attaque pas à la cause principale du problème : l’absence ou l’insuffisance de couverture électrique dans certains quartiers et villages. Tant que l’accès régulier à l’électricité ne sera pas garanti à tous, les branchements anarchiques continueront d’exister.

Enfin, une question demeure : comment expliquer que certains compteurs utilisés pour ces branchements irréguliers proviennent de la compagnie nationale elle-même ? Cette situation alimente le doute et pose un véritable problème de cohérence.

En définitive, si les chiffres officiels traduisent une avancée, la réalité du terrain invite à plus de prudence. Le défi n’est pas seulement d’annoncer un taux d’électrification élevé, mais d’assurer un accès réel, sécurisé et équitable à l’électricité pour tous.

Edmond Kondo

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