avril 22, 2026

Récépissé No 0054/HAAC/07-2022/pl/P

Protection des données personnelles : Les médias togolais appelés à plus de responsabilité

L’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel du Togo (IPDCP-Togo) a organisé, mardi 24 février 2026, un atelier d’information et de sensibilisation à l’intention des acteurs des médias. Cette rencontre, qui s’est tenue à Notsè, visait à renforcer la compréhension du cadre juridique national par les professionnels de l’information et à les accompagner vers des pratiques plus respectueuses de la vie privée des citoyens.

S’inscrivant dans la vision du chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, de bâtir « une nation résolument tournée vers l’innovation et le numérique responsable », cet atelier se veut un jalon dans la collaboration entre le régulateur et la presse. L’IPDCP a souligné le rôle incontournable des médias en tant que « vigie » et « modèles d’exemplarité ». Ils sont appelés à protéger la dignité des personnes en adoptant des réflexes essentiels, tels que le floutage des mineurs et des victimes, l’anonymisation des témoignages ou la vérification des consentements avant diffusion. L’objectif est de faire des rédactions des espaces exemplaires en matière de traitement des données.

Sur le plan juridique, les échanges ont rappelé les fondements de la loi, qui s’inspire de cadres internationaux comme la résolution A/RES/45/85 de l’ONU (1990) sur l’utilisation illégale des informations, ainsi que des engagements régionaux, à l’instar de la Convention de Malabo sur la cybercriminalité. La législation nationale définit précisément le traitement des données personnelles, qui couvre toute opération, de la collecte à la destruction, en passant par la conservation ou l’interconnexion. Les données sensibles, notamment dans le domaine de la santé, bénéficient d’une attention particulière.

Les obligations des responsables de traitement ont été au cœur des discussions. La loi impose une obligation de confidentialité, de sécurité, de conservation et de pérennité des données (articles 51 à 54). Pour veiller au respect de ces règles en interne, les structures peuvent désigner un Correspondant à la Protection des Données (CDP) , chargé de conseiller l’organisme et de servir de point de contact avec l’IPDCP.

Sur le plan institutionnel, l’IPDCP, en tant qu’autorité administrative indépendante, dispose de pouvoirs étendus pour contrôler les traitements et sanctionner les manquements. Elle peut prononcer des avertissements, des mises en demeure, et infliger des amendes pouvant atteindre 100 millions de FCFA. En cas d’urgence ou de violation grave des droits, elle peut ordonner l’interruption d’un traitement ou faire procéder à des constats par huissier.

Cet atelier, organisé en partenariat avec la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), marque le début d’une série de sessions que l’IPDCP prévoit de déployer sur l’ensemble du territoire, de Lomé à Cinkassé. L’ambition est de toucher tous les médias pour promouvoir une gouvernance des données plus responsable. Le principal défi reste cependant d’ancrer durablement ces bonnes pratiques dans le quotidien des rédactions, afin de concilier la liberté d’informer avec l’impératif éthique de protection de la vie privée à l’ère du numérique.

Aimé A.

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