janvier 23, 2026

Récépissé No 0054/HAAC/07-2022/pl/P

Vie chère au Togo : l’État interpellé, la co-gestion au cœur des débats

Face à la flambée persistante des prix, responsables politiques et acteurs de la société civile togolaise ont appelé à une action forte de l’État. Réunis à l’initiative de RAAL Diaspora, ils ont débattu des causes profondes de la vie chère et des réponses possibles, entre réformes économiques urgentes et divergences sur la co-gestion du pouvoir.

Réunis le 13 décembre à l’initiative de RAAL Diaspora, des responsables politiques et des acteurs de la société civile ont échangé sur la crise de la vie chère, qui pèse lourdement sur les populations togolaises. Un consensus s’est dégagé : la solution durable dépend avant tout de l’action de l’État, à travers une gouvernance économique et sociale plus rigoureuse.
Prenant la parole, le professeur Aimé Gogue, président de l’ADDI, a souligné que la vie chère constitue une préoccupation nationale majeure. Il a insisté sur deux leviers essentiels : l’augmentation des revenus des citoyens et une meilleure gestion des finances publiques, notamment par la réduction des dépenses superflues. Il a plaidé pour une revalorisation des salaires, une lutte accrue contre la corruption, des subventions ciblées, ainsi que la promotion de la concurrence pour des prix plus accessibles.
Dans la même dynamique, Daté, président du CAR, a affirmé que « celui qui a la clé de la vie chère, c’est l’État ». Il a rappelé les propositions de son parti, dont la suppression des frais de péage pour les taxis-motos, et dénoncé l’écart entre les salaires et le coût réel de la vie. Il s’est également interrogé sur le prix du gaz, plus bas au Burkina Faso qu’au Togo, y voyant un problème de gestion des ressources publiques.

De son côté, Dr Albert Kate a mis l’accent sur la dimension humaine des réformes, estimant que leur réussite dépend des bonnes personnes aux postes de décision et du soutien du peuple. Il a proposé un modèle de co-gestion fondé sur le consensus, qu’il juge favorable à la stabilité, à l’investissement et à la création d’emplois.
Cette proposition a toutefois suscité des réserves. Le professeur Aimé Gogue a rappelé les échecs passés des expériences de collaboration politique, estimant que le système togolais reste marqué par la compétition et la politisation de l’administration. À l’inverse, M. Daté s’est opposé au « dégagisme », plaidant pour un changement de méthode et une co-gestion visant à lutter contre la corruption et la vie chère.

En conclusion, Dr Albert Kate a posé la question centrale du débat :
« Qu’est-ce qui arrange mieux le peuple, être dehors ou dedans ? »
Un interrogatoire qui relance la réflexion sur les modèles de gouvernance les plus à même de répondre aux attentes des populations togolaises.

Edmond Kondo

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