Extradition de Henri Sandaogo Damiba : l’ANC dénonce une grave violation du droit d’asile
L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a condamné la remise par les autorités togolaises de l’ancien président burkinabè Henri Sandaogo Damiba aux autorités issues du coup d’État au Burkina Faso. Le parti d’opposition y voit une entorse majeure au droit international et un signal préoccupant pour la protection des réfugiés politiques au Togo.
L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a vivement dénoncé la remise par les autorités togolaises de l’ancien président burkinabè Henri Sandaogo Damiba aux autorités issues du coup d’État militaire au Burkina Faso. Dans une déclaration rendue publique à Lomé, le parti d’opposition qualifie cet acte de grave entorse aux principes du droit d’asile et du droit international, estimant qu’il rompt avec les valeurs humanistes traditionnellement revendiquées par le Togo.
Selon l’ANC, cette décision s’apparente à un refoulement politique déguisé, en violation du principe de non-refoulement, qui interdit le renvoi d’un réfugié vers un pays où sa sécurité et ses droits fondamentaux sont menacés. De plus, le parti rejette les accusations formulées contre M. Damiba par les autorités burkinabè, les jugeant politiquement motivées et dépourvues de toute base judiciaire indépendante. Il affirme par ailleurs que la remise de l’ancien chef d’État s’est faite à l’issue d’une procédure expéditive, opaque et contraire aux exigences de l’État de droit.
Par ailleurs, l’ANC voit dans cet acte un signe inquiétant de rapprochement du Togo avec l’Alliance des États du Sahel (AES), au détriment de ses engagements au sein de la CEDEAO. En conséquence, le parti estime que cette décision envoie un signal alarmant aux réfugiés politiques présents sur le territoire togolais. Tout en tenant les plus hautes autorités de l’État pour responsables des conséquences de cet acte, l’ANC appelle les instances internationales et les organisations de défense des droits humains à se saisir du dossier.
Enfin, le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre réaffirme que la stabilité régionale ne peut se construire ni sur la compromission diplomatique ni sur la remise en cause du droit d’asile.
Edmond Kondo
