avril 29, 2026

Récépissé No 0054/HAAC/07-2022/pl/P

Lomé/Pollution de l’environnement : Quand les eaux d’« akpama » transforment nos quartiers en zones d’odeurs

À Lomé, un phénomène discret mais préoccupant gagne du terrain dans certains quartiers : le jet dans les rues des eaux de trempage de peau de bœuf, communément appelée « akpama ».

Très appréciée dans l’alimentation locale, la peau de bœuf est généralement trempée pendant plusieurs jours afin de la ramollir et d’augmenter son volume avant cuisson. Mais une fois l’opération terminée, les eaux usées – chargées de résidus organiques et dégageant une forte odeur nauséabonde – sont parfois déversées directement sur la voie publique.

Une nuisance environnementale et sanitaire

Dans les zones concernées, les habitants dénoncent une situation devenue difficilement supportable :

– Odeurs persistantes et suffocantes

– Stagnation d’eaux sales le long des rues

– Prolifération de mouches et autres insectes

– Risques accrus de maladies liées à l’insalubrité

Ces eaux, en se décomposant sous l’effet de la chaleur, polluent l’environnement immédiat et détériorent le cadre de vie des riverains. En saison sèche, l’odeur s’intensifie ; en saison des pluies, les eaux souillées sont entraînées vers les caniveaux, contribuant à la pollution plus large des réseaux d’évacuation.

Entre activité économique et responsabilité citoyenne

Il est important de rappeler que la vente d’« akpama » constitue une source de revenus pour de nombreuses femmes commerçantes. Pour beaucoup, il s’agit d’un moyen de subsistance essentiel.

Cependant, l’activité économique ne devrait pas se faire au détriment de la santé publique et de l’environnement. La question qui se pose est donc celle de l’encadrement et de la sensibilisation.

Quelles solutions ?

Plusieurs pistes peuvent être envisagées :

– Sensibiliser les revendeuses aux bonnes pratiques d’hygiène et de gestion des eaux usées

– Mettre en place des espaces dédiés avec des systèmes d’évacuation adaptés

– Renforcer les contrôles municipaux en matière d’assainissement

– Encourager la collaboration entre autorités locales et associations de femmes commerçantes

La salubrité urbaine est une responsabilité partagée. Autorités, commerçantes et riverains doivent travailler ensemble pour préserver un cadre de vie sain.

Un enjeu pour la ville

Dans une capitale en pleine croissance comme Lomé, les défis liés à l’urbanisation et à l’assainissement exigent des réponses concrètes et rapides. La lutte contre les pollutions domestiques et artisanales fait partie intégrante du développement durable.

Car au-delà des odeurs, c’est la qualité de vie et l’image même de nos quartiers qui sont en jeu.

Protéger l’environnement commence aussi par des gestes simples et responsables au quotidien.

Essilfie Isaac

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